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Un plan B en cas d’échec du dialogue national en RDC

Dans la même trame d’idées on pourrait citer François Rabelais qui dit que « le temps mûrit toutes choses [que] par le temps toutes choses viennent en évidence [et que] le temps est père de la vérité ». Que Joseph Kabila se déclare candidat ou non, son intention de « glisser » son mandat est claire. Ainsi, il est établi que l’objectif du Dialogue Nationale est de créer un passage en douceur ou forcé de son troisième mandat.

Dans cette alchimie politique, le temps devient l’ingrédient principal pour prolonger la durée du mandat de Kabila. A 109 jours de la date butoir du 20 Décembre 2016,  Joseph Kabila a rassemblé fin de la semaine passée son braintrust pour examiner comment surmonter la tension de plus en plus montante d’une population qui n’attend que le signal « GO » pour se déverser dans les rues.

Pourtant le plan initial semblait très simple : au nom d’une prétendue voie apaisée, on convoque les politiciens à se réunir autour d’une table pour le Dialogue National. A l’aide de quelques « matabishi » et un facilitateur dument « motivé », on allait amadouer les opposants en remplissant leurs poches et la promesse d’un poste juteux. En échange, ils devraient juste avaliser une résolution du Dialogue déjà rédigée et taillée sur mesure de Kabila.

Avec le refus inattendu du Rassemblement, G7 et les autres plateformes politiques qui pourtant devraient être forcé de participer par la communauté internationale, l’avenir politique de Kabila semble dorénavant être pendu par un seul fil. Même Kengo wa Dondo menace de claquer la porte ! Quel affront ?

Les déclarations du Nonce apostolique, Mgr Luis Mariano Montemayor sur l’invalidité du Dialogue suite  à l’absence de Tshisekedi et Moise Katumbi n’a fait que compliquer la situation. Et que dire du logiciel intelligent de Google qui a démontré que Moise Katumbi et Etienne Tshisekedi sont les opposants les plus populaires en RD Congo ?

Pour contrer  les efforts du Rassemblement, les cerveaux autour de Joseph Kabila sont venus avec un plan-B. Ce plan consisterait à augmenter les salaires des fonctionnaires d’Etat pour qu’ils ne descendent pas dans la rue. Sur ordre de Joseph Kabila, l’ordre a été intimé au premier Ministre Matata Mponyo de « tripler » les salaires de fonctionnaires du mois de Septembre à Décembre pour que la population ne réponde pas à l’appel de l’opposition.

Nous savons que les réserves du trésor sont très basses et ne couvrent plus que quelques semaines Alors d’où viendra ce paiement. Vont-ils (1) recourir à la planche à billets et courir le risque de d’enfourcher une inflation galopante ? (2) Est-ce que le président va tirer l’argent des caisses noirs du trésor de la Banque Centrale que lui seul contrôle ? En tout cas, le « raisi » garde très bien ses cartes sous sa veste. Votre réponse est aussi bonne que la nôtre car, nous n’avons aucune idée.

En résumé, le président sortant Joseph Kabila ne veut toujours pas se prononcer sur son avenir politique. Le coup d’Etat Constitutionnelle devient de plus en plus apparent, ce qui va forcément déclencher l’article 64 et la chasse à l’homme. Il croyait pouvoir se réfugier à Kindu, mais il s’avère de plus en plus que les habitants de Maniema lui sont hostiles. De même que les habitants du Nord et Sud Kivu et pire ceux du Katanga. Washington ne va pas non plus le sauver.

Maintenant que le Congrès américain retourne des vacances le Mardi Septembre 6, 2016 avec les deux résolutions sur la table que va-t-il se passer ? Le sieur Kikaya Bin Karubi a une cote de Zéro à Washington après la découverte qu’il avait volontairement embobiné la sous-secrétaire d’Etat Américain aux affaires Africaines pour retarder les sanctions contre Jaynet Kabila.

Le président Joseph Kabila est maintenant coincé comme une bête et cela s’annonce trop mal. Est-ce que toute la population sera contente avec l’augmentation de salaires de fonctionnaires ? Ne vont-ils pas juste empocher l’augmentation comme leur droit, car après tout ils sont très mal payes comparativement aux voisins d’en face ? Seront-ils si content au point d’accepter le referendum pour changer la constitution ? Vivant dans une bulle, Joseph Kabila y croit. Mais dans l’entretemps, tic-tac, tic-tac, tic-tac, tic-tac, l’heure de la vérité va bientôt sonner.

Source : www.lappelafricain.com 
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