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RDC : le dialogue politique dans l’impasse

Un dialogue et des préalables

Une petite semaine après son lancement, le dialogue est toujours au point mort. En cause, le caractère non-inclusif du forum. Les trois principaux leaders d’opposition, Etienne Tshisekedi pour l’UDPS et le Rassemblement, Eve Bazaïba pour le MLC et Moïse Katumbi pour le G7 et l’AR boycottent le forum. Ces opposants posent plusieurs préalables pour leur participation : le remplacement du facilitateur Edem Kodjo, jugé trop proche du pouvoir, la libération des prisonniers politiques et l’arrêt des poursuites judiciaires contre Moïse Katumbi. L’absence de ces opposants entame toute représentativité au dialogue, censé trouver un consensus sur un nouveau calendrier électoral et la manière dont sera géré « l’après 19 décembre », date de la fin du mandat de Joseph Kabila.

Vous avez dit inclusif ?

Seule l’UNC de Vital Kamerhe et quelques personnalités de l’opposition comme Samy Badibanga, José Makila ou Bruno Mavungu, portent la voix de l’opposition au dialogue. La Lucha, le mouvement composé de jeunes militants citoyens, a refusé de participer au dialogue afin de rester « une sentinelle de la démocratie (…) sans compromission ». Plus ambiguë, l’Opposition républicaine de Léon Kengo a annoncé vouloir quitter un dialogue « pas assez inclusif », mais son président était quand même présent ce lundi avec son étiquette de président du Sénat. Mardi, les délégués de l’Opposition républicaine étaient pourtant dans la salle.

« Dissidents et débauchages »

La représentativité des délégués invités au dialogue continue de faire débat. Une coalition de 33 ONG congolaises dénonce la présence de « dissidents » de partis d’opposition, résultat de « débauchages » ou de « dédoublements de partis ». Comme c’est notamment le cas pour 6 députés du MLC et de l’ancien secrétaire général de l’UDPS, Bruno Mavungu, qui s’est empressé de créer son propre parti quelques jours avant l’ouverture du dialogue. Au sein de l’UNC, le plus important parti d’opposition présent au dialogue, trois hauts cadres dont le secrétaire général et son adjoint ont quitté le navire du dialogue avant d’être débarqués du parti, faisant planer le doute sur le réel soutien en interne dont dispose leur président, Vital Kamerhe, pour participer au dialogue.

« Pas de dialogue sans Tshisekedi et Katumbi »

La légitimité du dialogue repose uniquement sur la présence de Vital Kamerhe, seule caution d’opposition de poids au sein du forum. Le président de l’UNC avait d’ailleurs demandé une suspension du dialogue de 48 heures pour laisser le temps à Etienne Tshisekedi et à la Majorité présidentielle de s’accorder, pour permettre au Rassemblement et au G7 d’y participer. L’église catholique, toujours très influente sur la vie politique congolaise, était plus claire ce week-end : pas de dialogue sans Tshisekedi et Katumbi. Mais pour l’heure, le Rassemblement campe toujours sur ses positions et refuse de cautionner le dialogue.

 

Source : www.lappelafricain.com 
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