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La Belgique envisage un nouveau médiateur dans le dialogue national congolais

« On peut imaginer que Kodjo termine son dialogue et qu’il ouvre ensuite la voie à un autre facilitateur qui pourrait, lui, réunir vraiment tous les acteurs de la crise congolaise. Saïd Djinit, l’envoyé spécial des Nations-Unies, pourraient être cet homme. Il connaît le dossier, les acteurs. Il représente les Nations-Unies et n’a pas été exposé par le précédent dialogue », a-t-il martelé

Kodjo sur le départ, Djinit pour un vrai dialogue

Comme au Burundi où il n’a pas pu boucler sa mission de médiation, avant de plonger ce pays dans le chaos, Edem Kodjo, facilitateur de l’UA au dialogue politique national, n’est pas en odeur de sainteté en RDC. Après les graves incidents des 19 et 20 septembre à Kinshasa, la communauté internationale pense sérieusement au remplacement du Togolais avant d’entamer le vrai dialogue politique. Sur la liste de prétendants à ce poste, Saïd Djinnit, envoyé spécial des Nations unies dans la région des Grands Lacs, part favori.

Facilitateur désigné de l’Union africaine du dialogue politique national, Edem Kodjo n’a pas pu faire mieux qu’embraser le pays en créant une rupture entre l’Opposition – la vraie – et la majorité au pouvoir. Sa mission de facilitation s’étant soldée par un fiasco, le Togolais a eu le mérite de révéler au grand jour non pas seulement ses limites mais aussi la face cachée de ses commanditaires.

Le facilitateur partage la responsabilité de tristes événements  qui ont endeuillé Kinshasa les 19 et 20 septembre 2016. Le bilan provisoire fait état de 32 morts, dont quatre policiers, selon la Police nationale congolaise, et une centaine de morts, de l’avis de l’UDPS d’Étienne Tshisekedi. Le péché du Togolais  c’est d’avoir pris fait et cause pour l’une des parties en conflit. Emporté par un orgueil injustifié, Edem Kodjo a préféré conduire le dialogue en laissant au bord de la rue la masse la plus importante de l’Opposition.

De toute façon,  l’échec colle à la peau du facilitateur improvisé. Après son passage au Burundi, ce pays est rentré dans un cycle de violence inédit. Et dire que c’est à une personnalité au passé controversé – Premier ministre au temps fort de la dictature de feu le président togolais Eyadema  - que la présidente de la Commission de l’UA a confié le sort de la RDC pour sa sortie de crise préélectorale. Y aurait-il un complot ourdi contre la RDC en haut lieu de l’UA ? C’est fort probable.

La tragédie des 19 et 20 septembre a servi de déclic à la forte implication des Nations unies dans le dossier congolais. Pour preuve, toutes les rencontres qui se sont multipliées sur la RDC en marge de l’assemblée générale ordinaire.  L’UA, qui a toujours soutenu Edem Kodjo, a ouvertement étalé ses limites.

Un autre facilitateur arrive

Dans une déclaration relayée par La libre Belgique, Didier Reynders, chef de la diplomatie belge, a indiqué que les Nations unies penseraient déjà à un « vrai dialogue » sans Kodjo. « La RDC est au centre de bien des réunions. Nous sommes tous terriblement préoccupés par la violence qui sévit dans ce pays ces dernières heures. Nous appelons tous les protagonistes à la retenue. Il est évident que, dans un scénario comme celui-ci, nous insistons d’abord auprès des responsables de l’Etat pour qu’ils évitent toute violence disproportionnée », a indiqué Didier Reynders.

A New York, l’après-Kodjo se dessine déjà. Le chef de la diplomatie belge est allé plus loin en citant un nom : Saïd Djinnit, envoyé spécial des Nations unies en RDC. « On peut imaginer que Kodjo termine son dialogue et qu’il ouvre ensuite la voie à un autre facilitateur qui pourrait, lui, réunir vraiment tous les acteurs de la crise congolaise. Saïd Djinnit, l’envoyé spécial des Nations unies, pourrait être cet homme. Il connaît le dossier, les acteurs, il représente les Nations unies et n’a pas été exposé par le précédent dialogue ».

 

Source : www.lappelafricain.com 
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