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La RDC est-elle encore la capitale mondiale du viol ?

Bien que la guerre à l’Est date de deux décennies, elle continue à faire des victimes au quotidien. En effet, les violences sexuelles faites à la femme sont un trait dominant du conflit armé en RDC qui même a été appelé « la capitale mondiale du viol », terme utilisé par le Représentant Spécial aux Nations Unies Margot Wallström qui avait souligné à cet effet que le fond du problème est l’impunité. Alors que d’anciens rapports indiquent que près de 400.000 femmes sont violées chaque année, des enquêtes plus récentes font état de 2414 cas de viols en 2015, et 3061 en 2014. Ce qui révèle une amélioration considérable. Cependant, la réalité est telle que filles et femmes sont violées en groupe, donnant l’idée d’une industrie de viol. Plusieurs hommes sont tués et les enfants enrôlés de force dans les groupes armés. Les villages sont dévastés, les familles déplacées, les femmes violées sont abandonnées souvent mutilées, portant des grossesses non désirées ou des maladies sexuellement transmissibles. De plus, les femmes violées sont rejetées par leur famille et la communauté, et se retrouvent sans logis. Le traumatisme est souvent aggravé par le fait que très peu de violeurs finissent par être poursuivis et condamnés en justice. En effet, et comme l’a souligné la directrice de plaidoyer au sein du Programme Justice internationale a Human Rights Watch « le procès des viols de Minova a été une énorme déception pour les victimes de l’un des pires incidents de viols de masse que la RDC ait connu ces dernières années ». C’est ainsi que la prévalence et l’intensité des violences sexuelles ne peuvent être sous estimées d’autant plus que tous les groupes armés ont été accusés d’attaquer ces communautés. Il est triste de constater que les violences sexuelles faites à la femme n’ont jamais été une priorité dans notre pays. Au moment où certains s’interrogent de savoir si le nouveau gouvernement sera issu du dialogue national du camp Tshatshi ou d’un deuxième dialogue inclusif hypothétique, d’autres s’interrogent sur les priorités qui seront celles de ce gouvernement, mis à part la lourde tâche d’organiser les élections. De quoi se demander quand est-ce que la crise humanitaire que traverse notre pays ainsi que les violences sexuelles faites à la femme y découlant, deviendront une priorité.

Source : www.lappelafricain.com 
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