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BGFI Bank : la triche bénie en RDC

Des voix extérieures nous rapportent à tort ou à raison et à fréquences régulières des faits d’argents et d’implications maffieuses de la famille présidentielle rd-congolaise et de ses proches. De très loin (Iles Vierges, Panama…) nous n’en voyons que de la fumée.

Mais cette fois, c’est près de nous, chez nous, sur le boulevard le plus beau de la République et chargé de symboles : 30 Juin, journée de notre accession à la souveraineté, de notre sortie du colonialisme de notre affranchissement politique ; boulevard qui côtoie l’immeuble du gouvernement  dit « Intelligent ».

Voilà que c’est tout à côté, au siège de la BGFI Bank que quelques citoyens ont organisé de gruger le peuple congolais, de le berner, de paralyser l’exercice de sa souveraineté populaire.

En effet, la Ceni, qui a la gestion de la mécanique de l’expression du souverain primaire a décidé de loger son principal compte bancaire  dans la BGFI Bank qui s’est installée au pays il y a à peine 3 ans, alors qu’auparavant, nous dit-on, la Ceni gardait ses fonds dans des fûts en cave de son immeuble, comme au temps des « tshitantistes » du Kasaï.

L’opération nauséabonde qui s’y est déroulée (BGFI Bank) nous rapportée par le journal « Le Soir » de Belgique nous a rempli la bouche de dégoût : trop de marmites à matières fécales bouillonnent dans l’entourage de la famille présidentielle. On apprend en effet à cette occasion par eux qu’une jeune sœur à Jeannette actionnaire est associée dans la BGFI Bank, Pince sans rire…

En réaction à l‘article du journal « Le Soir », le DGA de la BGFI Bank a tenu une conférence de presse. Il a fourni des explications sans expliquer le fondement de ces opérations spécifiques. Au Katanga, on aurait dit au DGA après sa conférence de presse « uko nakudia kudia mukinywa bule ». Traduction littérale « tu es en train de manger manger dans la bouche pour rien ». Comprenez « tu cafouilles, tu bafouilles … laisse tomber tes balivernes.

Tiens, tiens ! Comme si cela ne suffisait pas, voilà que M. Naanga, Président de la CENI s’en mêle avec raison. (Il est le principal auteur du crime dénoncé) pour dit-il, de plus amples éclaircissements. Le système, appelé dans d’autres banques de TDB, est toujours en boucle : consignation de déposit négocié, mise à disposition d’une ligne de crédit à 45, 60, 90 jours, libération de fonds et paiement obligatoire à terme convenu du contrat commercial (Remboursement du prêt). On peut continuer de travailler sur ce mode en revolving.

M. Naanga nous confirme que le gouvernement mettait à sa disposition de l’argent suivant la réquisition de la Ceni. Il ne nous dit pas combien sur les 5 ans passés. Il nous décrit une opération ponctuelle et le système mis en place. Il ne nous dit rien sur les remboursements à date de l’échéance de l’argent prêté par la BGFI Bank. Il n’explique pas non plus le pourquoi de l’existence des porteuses de mallettes de fonds (fussent-elles des employées de la CENI) alors que les banques sont à profusion sur le territoire national. Et tous ces fonds retirés de la BGFI Bank n’ont aucune trace en augmentation des débits des comptes caisse de la Ceni.   

Quant aux fournisseurs et prestataires divers, la CENI étant une institution publique, les paiements leur dus ne doivent être libérés qu’en Francs Congolais au taux du jour. Que M. Naanga nous dise comment les devises étrangères libérées à CENI à Kinshasa par la BGFI Bank et portées en mallettes étaient transmises aux fournisseurs extérieurs de kits électoraux ! On peut constater que ces fonds partaient en fumée… d’où le soupçon de blanchiment.

Face à ce gangstérisme, nous peuple congolais, nous ne pouvons que pleurer amèrement sur notre sort. En effet, si ces pratiques maffieuses de rapine de l’argent public s’avéraient vraies, alors c’est la fin des haricots.

Le DGA de la BGFI Bank et M. Naanga Corneille en confirmant la véracité des opérations, mais y collant leur entendement, nous confirment qu’au sommet de l’Etat, il y a une négation de l’Etat, qu’il y a une confusion du bien public, notre patrimoine à tous avec le bien privé. Les deux dévoués nous disent à cette occasion qu’au sommet de l’Etat, la notion du devoir et du service public est totalement ignoré ; que la vertu publique a déserté des sphères présidentielles.

L’on comprend pourquoi chez ces prédateurs des fonds publics la conquête ou le maintien du pouvoir par tous les moyens légaux ou illégaux (détournement d’argent, violation de la constitution, mettre à genoux et en poste une cohorte d’esclaves serviteurs pour de sales besognes, concussion, corruption, intimidation …) est une nécessité vitale, la meilleure posture pour toute sorte de raquettes, un genre de clé magique comme celle de « sésame open je ». Mon Dieu !

Il est vrai que dans l’histoire, ailleurs comme dans un moment en France, on a vu l’Etat en déliquescence. Les fonds publics, l’or de l’Etat, l’Ecu remplissaient les poches des princes et des gouvernants. La plèbe se nourrissait aux étables comme les chevaux. Pendant longtemps c’était la gabegie qu’un temps Emile Zola qualifiait dans un livre de  « la grande cuvée ».

Mais l’on a tous appris que la bonne France, celle moralisée, était apparue avec la cognée, la guillotine, le bûcher, l’assassinat des délinquants publics. Les moyens de la Révolution populaire ont eu raison de cette France dévoyée.

Le coût d’une telle recette serait énorme si on l’appliquait chez-nous en RDC. Et elle constituerait une régression. En effet, la volonté populaire de vivre en paix est manifestée depuis longtemps. Un consensus national et un pacte républicain sont consignés dans une constitution  acceptée de tous.

L’expression de la représentativité électorale  a déjà été mise en œuvre et a profité à M. Joseph Kabila qui viendra à épuiser ses deux mandats successifs le 19 décembre 2016. D’où est née dès lors cette grave crise qui paralyse la RDC ?

La crise est née, dit-on, de la ruse et de la perfidie de Joseph Kabila et de son caprice à  vouloir demeurer éternellement au pouvoir.  M. Kabila Joseph oublie qu’il n’est pas propriétaire de la charge présidentielle, mais seulement dépositaire temporaire pour la période à l’issue de laquelle, dans son cas ne peut plus faire l’objet d’une nouvelle dévolution électorale. Il a alors imaginé les scenarii du chaos général, générateur de la crise actuelle.

Une question et une seule question se pose. Peut-on être chef de l’Etat, garant de la constitution, instrumentaliser toutes les institutions de contre-pouvoir, violer systématiquement la même Constitution, injecter le chaos dans le système électoral pour se maintenir au pouvoir hors les règles  constitutionnelles ? Le cas est unique dans l’histoire.

Cependant ayant commis cette grave forfaiture de confisquer l’expression du souverain primaire par l’annulation des élections, Mr Kabila ne s’expose, à cause de l’indignité, qu’à la déchéance de tous les droits civiques et politiques. Sous d’autres cieux, ce le serait politiquement par le Congrès (les deux chambres réunies) et judiciairement par la Cour Constitutionnellement. Constatons qu’une procédure si salutaire est irréalisable en RDC aujourd’hui. Le pays est pris en otage !   

Source : www.lappelafricain.com 
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