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RDC: l’épidémie de choléra progresse plus rapidement que prévu à Kinshasa

En RDC, le nombre de décès enregistrés suite au choléra à Kinshasa continue de progresser. La maladie touche désormais 16 zones de santé sur 35 que compte la capitale. L’épicentre de l’épidémie est le quartier Camp Luka. C’est là qu’en début de semaine, une première unité de traitement a été installée avec l’aide de Médecins sans frontières (MSF). Une trentaine de nouveaux patients s’y présentent chaque jour en moyenne. Des familles, qui pour la plupart n’avaient jamais été confrontées à cette maladie jusque-là.

 

Une jeune femme tente de calmer les pleurs de son bébé. De l'eau ruissèle sur son visage. Elle vient juste d'arriver. Son enfant n'a pas encore un an : « Cela fait deux jours qu'il vomit et qu'il a de la diarrhée. Et ça ne s'arrête pas. Je suis inquiète, surtout qu'il y a eu deux cas de choléra dans la maison juste en face de la nôtre ».Dieudonné Bokwala, l'un des responsables du centre, mène un premier entretien. Il comprend qu'avant de venir se faire soigner ici, l'enfant a passé deux journées dans un dispensaire de quartier : « Il y a certains dispensaires qui, même s’ils voient des cas de diarrhées, commencent d’abord à traiter les malades pour avoir des frais de consultation. Ils s’enrichissent. Nous sensibilisons tous ces prestataires de soins que lorsqu’il y a un cas de diarrhée, amenez-le au centre de soins. Nous, on va investiguer et on va voir. Si ce n’est pas le choléra, on va vous le renvoyer ».Des recommandations difficiles à appliquerA l'entrée du centre, une équipe sensibilise les passants et les proches. Annie Ndaya fait partie de l'équipe. L’objectif est de détecter d'éventuels nouveaux cas, d'informer sur la maladie et de délivrer des conseils d'hygiène : « Les toilettes, ils doivent utiliser les latrines qui sont hygiéniques et surtout boire de l’eau qui est potable pour éviter la contamination ».Samuel Mounganga, dont la femme vient d'être admise au centre, écoute, mais il se demande comment appliquer ces conseils : « Le problème, c'est que chez moi, il n'y a pas de véritables toilettes et pas d'eau propre pour se laver non plus. C'est ça le problème ».Nombre de lits insuffisantQuelques minutes plus tard, un malade arrive sur une civière. Un drap recouvre son buste et son visage. Comme un tiers des patients qui décèdent ici, il arrive trop tard, par méconnaissance de la maladie, expliquent les responsables du centre, ou par peur d'être stigmatisés. D’ailleurs, l’épidémie progresse plus vite que prévu et les vingt lits d’hospitalisation installés au départ ne suffisent déjà plus.A peine ouvert, le centre est déjà rempli. Et, faute de place en zone de traitement, certains patients sous perfusion se retrouvent aux côtés d'autres en observation. Le docteur Lusala Mavinga ne s'attendait pas à une telle affluence : « Vous voyez, il y a ceux qui sont encore sur des chaises parce qu’il n’y a pas de lits. Il y a ceux qui sont là, ils sont à deux par lit parce que le nombre de lits est vraiment insuffisant par rapport au nombre de patients qui viennent de jour en jour ».Manque d’eauAutre défi, l'accès à l'eau. Le quartier n'est pas raccordé au réseau. Pour le moment, Gaston Lufungula, responsable de l'approvisionnement pour MSF, entasse des bidons qu'il achète auprès d'une école du quartier, mais si l'épidémie augmente cela ne sera plus tenable : « La régie des eaux, depuis qu’on l’a appelée, n’est toujours pas venue. Nous achetons l’eau dans un centre comme celui-ci. Il faut à peu près 6 000 litres par jour ».Pour le moment, une trentaine d'infirmiers ont été formés à cette maladie, mal connue dans la capitale. Ils se relaient jour et nuit dans ce centre. Mais au rythme où va la maladie le professeur Bompangue,  qui supervise la lutte contre le choléra dans le pays, le sait, il faudra en former davantage : « Le personnel infirmier n’est pas habitué à la prise en charge du choléra, pas seulement technique, mais aussi des aspects de gestion de l’hygiène pour éviter qu’eux-mêmes ne se contaminent et aussi que les accompagnants se contaminent. Donc, les deux premières semaines, il va y avoir un gros travail d’accompagnement rapproché ».Jeudi soir, 49 patients passaient la nuit au centre, plus du double de ce qui était prévu au départ.

 

 

 

 

Source : www.lappelafricain.com 
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